La Cour des comptes a récemment mis en lumière le coût important du pacte Dutreil, un dispositif fiscal qui facilite la transmission des entreprises familiales en France. Ce rapport suscite un débat sur l’efficacité économique de ce mécanisme et propose des réformes pour optimiser son impact. Découvrez les enjeux et les recommandations clés de cette analyse.
L’essentiel à retenir
Le pacte Dutreil représente un coût substantiel pour l’État, avec un manque à gagner évalué à plus de 5,5 milliards d’euros en 2024, une augmentation notable par rapport aux années précédentes. La Cour des comptes souligne que ce coût est souvent sous-évalué dans les projets de loi de finances, où il est inscrit à seulement 500 millions d’euros, bien que récemment réévalué à 800 millions pour 2025.
Pour réduire l’impact budgétaire du pacte Dutreil, la Cour propose plusieurs mesures. Elle suggère d’éliminer les mécanismes d’optimisation fiscale et de revoir à la baisse le taux d’exonération. L’un des principaux objectifs est de rendre le barème d’exonération plus progressif et d’étendre l’engagement de détention des entreprises par les héritiers.
En outre, la Cour recommande d’exclure les biens non professionnels du régime de faveur et de diminuer l’avantage fiscal pour les entreprises peu exposées à la concurrence internationale.
Les propositions de la Cour des comptes ont suscité diverses réactions, notamment de la part du ministère de l’Économie et des Finances, qui a exprimé la nécessité de préserver le dispositif actuel tout en apportant certains ajustements. Le Medef et le Meti ont, quant à eux, vivement contesté les conclusions du rapport.
Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes, espère que ces propositions seront prises en compte lors des débats budgétaires en cours. Il a également critiqué les fuites du rapport dans la presse, ainsi que les réactions de l’ancien ministre Renaud Dutreil.
Le pacte Dutreil a été instauré en 2003, sous l’impulsion de Renaud Dutreil, alors ministre des PME, dans le but de faciliter la transmission des entreprises familiales en France. Ce dispositif permet de bénéficier d’un abattement fiscal significatif sur les droits de succession, sous certaines conditions. Depuis sa création, le pacte a fait l’objet de plusieurs révisions, principalement dans le sens d’un assouplissement, afin d’encourager la pérennité des entreprises familiales.
En comparaison internationale, la France présente des critères relativement souples par rapport à d’autres pays européens, comme l’Allemagne, qui appliquent des conditions plus strictes pour la transmission des entreprises. Le débat actuel sur le pacte Dutreil reflète les enjeux économiques et fiscaux liés à la transmission des entreprises familiales dans un contexte de compétitivité internationale.