Dans le bras de fer opposant le moteur de recherche français Qwant au géant américain Microsoft, l’Autorité de la concurrence a pris une décision qui pourrait bien redéfinir les dynamiques du marché de la recherche en ligne en France. La plainte de Qwant, qui espérait faire reconnaître un abus de position dominante, n’a pas obtenu gain de cause, suscitant des réactions diverses des deux côtés de l’Atlantique.
L’essentiel à retenir
Qwant, moteur de recherche français, a porté plainte contre Microsoft en janvier, accusant l’entreprise américaine de pratiques anticoncurrentielles. Le cœur de la plainte reposait sur l’allégation que Microsoft impose des conditions contractuelles restrictives, qui limitent la capacité de Qwant à développer sa propre technologie de recherche et d’intelligence artificielle. En particulier, Qwant estime qu’il existe des pratiques d’exclusivité et des ventes liées qui lui sont défavorables.
De plus, Qwant a exprimé son mécontentement quant à l’augmentation soudaine des tarifs d’indexation de Bing, en vigueur depuis début 2023. Cette hausse, combinée à un accès inégal à la publicité liée aux recherches, représente un obstacle économique significatif pour l’entreprise française, dont le modèle repose en grande partie sur ces revenus publicitaires.
L’Autorité de la concurrence a examiné les arguments de Qwant mais a conclu que ces derniers ne fournissaient pas de preuves suffisantes pour démontrer la position dominante de Microsoft sur le marché de la syndication de résultats. Elle a évoqué le fait que Google propose également des services similaires et domine le marché de la publicité liée aux recherches, ce qui relativise la position de Microsoft.
En outre, l’Autorité a souligné que Qwant dispose de capacités de recherche propres et qu’elle est la seule entreprise autorisée par Microsoft à développer sa technologie dans ce cadre. Le lancement d’une offre de syndication basée sur un index commun avec Ecosia en juin 2025 illustre les alternatives disponibles pour Qwant.
Microsoft a accueilli favorablement la décision, affirmant son engagement à fournir des services de recherche en ligne de haute qualité en Europe. L’entreprise a exprimé sa satisfaction quant à la reconnaissance de ses pratiques commerciales par l’Autorité de la concurrence.
En revanche, Qwant s’est dit déçu par cette décision qui, selon elle, minimise l’impact réel des pratiques de Microsoft sur la concurrence. L’entreprise française a annoncé son intention de faire appel, dans l’espoir de rétablir des conditions plus équitables pour tous les acteurs européens de la recherche en ligne.
Qwant, fondé en 2013, s’est positionné comme une alternative européenne aux géants américains de la recherche en ligne, comme Google et Bing. Sa particularité réside dans son engagement à respecter la vie privée des utilisateurs. Toutefois, face à des concurrents bien établis, l’entreprise a fait appel à la technologie de Bing pour enrichir ses résultats de recherche depuis 2016.
Microsoft, de son côté, est un acteur majeur du secteur technologique mondial. Avec son moteur de recherche Bing, l’entreprise a cherché à rivaliser avec Google, tout en proposant des services intégrés qui lui permettent de rester compétitive dans le domaine de la recherche en ligne. L’affaire avec Qwant souligne les défis auxquels sont confrontés les acteurs locaux face à des géants technologiques internationaux.