Alors que le télétravail redessine le paysage professionnel, l’économiste Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG, tire la sonnette d’alarme. Dans une récente note, il met en lumière les dangers potentiels d’une crise financière imminente, similaire à celle des subprimes, mais cette fois-ci centrée sur le secteur de l’immobilier de bureau aux États-Unis.
L’essentiel à retenir
Dans sa note, Eric Dor souligne que le taux de défaut sur les prêts immobiliers de bureaux titrisés connaît une montée rapide aux États-Unis. Ce taux, qui était de 1,58% en décembre 2022, a grimpé à 11,76% en octobre 2025. L’économiste avertit que cette tendance pourrait se poursuivre, menaçant la stabilité financière.
Le télétravail, devenu courant dans de nombreuses entreprises, a considérablement réduit la demande de surfaces de bureaux. Eric Dor explique que cette diminution de l’occupation des bureaux entraîne une insuffisance des revenus locatifs, rendant difficile le remboursement des prêts contractés pour l’acquisition de ces immeubles.
Cette vacance des bureaux a également provoqué une baisse des loyers bruts. En seulement deux ans, les loyers ont chuté de presque 8%, une baisse qui pourrait s’accentuer pour atteindre 12,8% en tenant compte de l’inflation.
Eric Dor compare la situation actuelle avec la crise financière de 2008, lors de laquelle des prêts immobiliers toxiques avaient conduit à des pertes massives pour les investisseurs. Aujourd’hui, certains prêts immobiliers de bureaux ont été titrisés en actifs financiers, une pratique qui rappelle le mécanisme des subprimes.
L’économiste alerte sur le fait que les investisseurs ayant acheté ces actifs pourraient subir d’importantes pertes, ravivant les craintes d’une crise similaire. Cependant, il reste prudent en précisant que, malgré les problèmes dans l’immobilier de bureau, la situation globale des prêts reste solide.
La crise des subprimes de 2008 a été déclenchée par des défauts massifs sur des prêts hypothécaires à risque, connus sous le nom de subprimes. Ces prêts avaient été titrisés et vendus à des investisseurs du monde entier, provoquant une réaction en chaîne qui a mené à l’effondrement de nombreuses institutions financières et à une récession mondiale. La situation actuelle, bien que différente, présente des similitudes préoccupantes pour les analystes économiques.