Dans une avancée qui pourrait redéfinir l’expérience utilisateur sur iOS, le Japon a récemment permis l’utilisation de moteurs de rendu alternatifs pour les navigateurs, contrairement à l’Union européenne et aux États-Unis où les restrictions d’Apple restent en vigueur. Cet article explore la situation au Japon, où les régulateurs ont su contourner les obstacles rencontrés ailleurs.
L’essentiel à retenir
Depuis décembre 2025, grâce à la Mobile Software Competition Act, Apple ne peut plus empêcher l’utilisation de moteurs de rendu tiers sur iOS au Japon. Cette législation, plus stricte que ses homologues européennes, a été conçue en tirant des leçons de l’échec européen. Les navigateurs alternatifs bénéficient désormais d’un accès aux APIs système de manière équivalente à Safari, incluant les contrôles parentaux et le filtrage de contenu.
Malgré cette avancée, des restrictions demeurent. Les développeurs doivent obtenir une autorisation spécifique de la part d’Apple pour utiliser des moteurs alternatifs. De plus, cette ouverture est limitée géographiquement au marché japonais, obligeant les développeurs souhaitant atteindre un public mondial à maintenir une double infrastructure.
En Europe, bien que l’ouverture aux moteurs alternatifs ait été annoncée avec iOS 17.4, la réalité est tout autre. Les contraintes techniques et financières imposées par Apple ont découragé Google et Mozilla de poursuivre le développement de leurs moteurs Blink et Gecko sur iOS. Les développeurs européens sont ainsi contraints à utiliser des simulateurs pour tester leurs produits, Apple interdisant les tests sur des appareils réels hors de l’UE.
Aux États-Unis, aucune législation n’exige l’ouverture aux moteurs concurrents. Les navigateurs disponibles sur l’App Store américain restent liés à WebKit, et les discussions sur l’Open Apps Market Act n’ont abouti à aucune mesure contraignante pour Apple.
Apple perçoit des revenus considérables de sa collaboration avec Google. Chaque année, Google verse 20 milliards de dollars pour demeurer le moteur de recherche par défaut de Safari. Cette collaboration représente environ 20% des revenus du segment Services d’Apple, soit 96 milliards de dollars projetés pour 2024. La perte de part de marché de Safari pourrait coûter 200 millions de dollars par an à Apple. De plus, l’App Store génère des milliards de dollars de commissions annuelles, des revenus menacés si les navigateurs tiers facilitaient le développement de Progressive Web Apps performantes.
Apple, fondée en 1976 par Steve Jobs, Steve Wozniak et Ronald Wayne, est devenue l’une des entreprises les plus influentes du monde technologique. Connue pour ses innovations dans le domaine des smartphones, avec l’iPhone, et des ordinateurs, avec les Mac, Apple a toujours su maintenir une position dominante sur le marché. Avec l’App Store, lancé en 2008, la firme a créé un écosystème lucratif qui lui permet de contrôler étroitement les applications disponibles sur ses appareils. Ce modèle a cependant suscité des critiques et des appels en faveur de plus d’ouverture, notamment de la part de développeurs souhaitant plus de liberté pour intégrer des technologies tierces.