L’évolution vers le cloud n’est pas un chemin unique pour les entreprises. Face à une diversité de besoins et de contraintes, le modèle hybride s’impose comme une solution intermédiaire, alliant tradition et modernité. Dans un contexte où la souveraineté et la sécurité des données deviennent primordiales, les choix des entreprises belges reflètent une approche mesurée et stratégique.
L’essentiel à retenir
La décision de migrer les données vers le cloud ou de les conserver sur site est au cœur des préoccupations des entreprises. Lors d’une table ronde organisée par ITdaily, des experts ont partagé leurs avis divergents. Bien que le cloud offre une flexibilité indéniable, notamment pour les applications d’intelligence artificielle, le choix de l’hybride s’impose souvent comme une solution pragmatique.
Adriaan van Geyt, de Dell Technologies, évoque que 70 à 75 % des données seront générées par des appareils de périphérie, rendant le modèle hybride incontournable pour répondre aux besoins variés des entreprises.
La question de la souveraineté des données apparaît de plus en plus dans les discussions stratégiques. Caroline Van Cleemput de Snowflake souligne que le stockage sur site peut donner une illusion de contrôle, mais nécessite de lourds investissements pour égaler la sécurité des hyperscalers du cloud. Les entreprises doivent donc évaluer où tracer la ligne entre indépendance technologique et sécurité.
De plus, la réduction de la dépendance vis-à-vis des fournisseurs non européens est devenue un enjeu majeur, poussant les acteurs du cloud à développer des solutions souveraines adaptées au marché européen.
Les experts s’accordent à dire que l’infrastructure hybride est en train de devenir la norme. Yannic De Bleeckere, de SAS, constate que le modèle hybride permet aux entreprises de conserver le contrôle tout en bénéficiant des avantages du cloud. Ce modèle offre la flexibilité nécessaire pour évoluer sans précipitation vers le cloud public.
Steven Nuyts, de SAP BeNeLux, explique que pour de nombreuses grandes entreprises belges, environ 60 % des données restent dans des infrastructures privées. Cette transition progressive vers le cloud permet d’adapter les systèmes sans bouleversement brutal.
Le modèle hybride est né de la nécessité pour les entreprises de concilier leurs infrastructures existantes avec les nouvelles opportunités offertes par le cloud. À l’origine, les entreprises géraient exclusivement leurs données sur site, mais avec les avancées technologiques, le cloud a offert une alternative attrayante pour sa flexibilité et ses capacités d’expansion. Cependant, les préoccupations liées à la sécurité, à la souveraineté et aux coûts ont poussé de nombreuses entreprises à adopter un modèle hybride, combinant le meilleur des deux mondes.
Au fil des ans, le modèle hybride s’est affiné pour répondre aux besoins spécifiques des industries, permettant aux entreprises de profiter de la scalabilité du cloud tout en gardant un contrôle strict sur les données sensibles. Aujourd’hui, il représente une solution stratégique pour les entreprises cherchant à naviguer dans un paysage numérique complexe et en constante évolution.