Le gouvernement français envisage de légiférer sur l’accès des jeunes aux réseaux sociaux, fixant l’âge minimum à 15 ans. Ce projet, considéré comme une « priorité » par le président Emmanuel Macron, pourrait être débattu par le Parlement dès le début de l’année 2026. La ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, a récemment partagé ces intentions, soulignant les défis liés à la mise en œuvre de cette législation. Découvrez les implications de cette mesure et les réactions qu’elle suscite.
L’essentiel à retenir
Le projet de loi sur la majorité numérique à 15 ans s’inscrit dans une volonté de renforcer la sécurité des jeunes sur Internet. Anne Le Hénanff a précisé que cette initiative doit être en accord avec le règlement européen sur les services numériques, le Digital Services Act (DSA). Le DSA permet aux États membres de fixer un âge minimum pour accéder aux réseaux sociaux, ce qui ouvre la voie à cette législation en France.
La loi proposée par le député Laurent Marcangeli en 2023 avait déjà tenté d’établir cet âge, mais elle ne respectait pas alors les contraintes du DSA. La nouvelle proposition vise à rectifier cela en tenant compte des évolutions du règlement européen.
Si la loi est adoptée, un des principaux obstacles sera de s’assurer que les jeunes ne contournent pas les restrictions. Les adolescents pourraient utiliser des VPN pour masquer leur âge et accéder aux réseaux sociaux. Anne Le Hénanff a mentionné la possibilité de travailler avec les fournisseurs de VPN pour bloquer ces accès à travers des listes noires.
Une collaboration avec les opérateurs de téléphonie pourrait également être mise en place pour limiter l’accès des jeunes aux réseaux sociaux via leurs appareils mobiles. Cette approche technique s’accompagnerait d’une sensibilisation accrue à l’utilisation responsable des technologies numériques.
En parallèle de cette mesure, le président Emmanuel Macron souhaite aborder la question de l’interdiction des téléphones portables dans les lycées. Cette initiative, distincte du projet de loi sur les réseaux sociaux, est sous la responsabilité du ministre de l’Éducation, Édouard Geffray. Les précisions sur cette interdiction devraient être apportées début 2026.
Ces deux initiatives visent à protéger les jeunes et à favoriser un environnement éducatif plus concentré. Elles reflètent une préoccupation grandissante pour les effets des technologies numériques sur le développement des adolescents.
La question de l’âge minimum pour l’accès aux réseaux sociaux fait débat depuis plusieurs années, tant en France qu’à l’international. Avec la montée des préoccupations concernant la sécurité en ligne des jeunes et les effets potentiellement néfastes de l’utilisation précoce des réseaux sociaux, plusieurs pays ont cherché à instaurer des règles plus strictes.
En 2018, le règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’Union européenne avait déjà exigé un consentement parental pour les utilisateurs de moins de 16 ans, bien que certains pays aient choisi d’abaisser ce seuil. En France, le débat s’est intensifié avec l’essor des réseaux sociaux et la nécessité de protéger la vie privée et le bien-être des jeunes internautes. La proposition actuelle de fixer l’âge minimum à 15 ans s’inscrit dans cette continuité de réflexion sur l’équilibre entre liberté numérique et protection des jeunes.