La Commission européenne a récemment ouvert une enquête formelle sur Snapchat, s’interrogeant sur la conformité de la plateforme avec le Digital Services Act (DSA) en matière de protection des mineurs. Cette initiative pourrait avoir des conséquences majeures pour la célèbre application de messagerie, très populaire parmi les jeunes utilisateurs en Europe.
L’essentiel à retenir
La Commission européenne a décidé d’examiner de près les pratiques de Snapchat après avoir analysé ses rapports d’évaluation des risques des trois dernières années. Cette enquête fait suite à une demande d’informations envoyée à l’entreprise en octobre 2025. Les régulateurs européens cherchent à déterminer si Snapchat respecte les nouvelles exigences du DSA, qui obligent les plateformes numériques à assurer une protection active des utilisateurs mineurs.
Un des points centraux de l’enquête concerne le système de vérification d’âge de Snapchat. Bien que l’accès soit interdit aux moins de 13 ans, la plateforme repose sur une simple déclaration volontaire de l’utilisateur. Cette méthode est jugée inadéquate, d’autant que l’algorithme de Snapchat classerait souvent les adolescents de 13 à 17 ans comme des adultes, les exposant ainsi à des contenus inappropriés pour leur âge.
Les régulateurs européens expriment leur inquiétude quant à l’accès potentiel des mineurs à des produits illégaux et à des contacts dangereux. Selon Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne, les enfants pourraient être exposés à des risques de « grooming » et à l’achat de produits interdits tels que la drogue, les cigarettes électroniques et l’alcool. De plus, la modération de contenu est jugée inefficace, et les mécanismes de signalement sont considérés comme peu accessibles.
Snapchat n’en est pas à sa première controverse. Aux États-Unis, dans l’État du Nouveau-Mexique, une plainte déposée en 2024 accusait déjà la plateforme de ne pas avoir agi face à des cas d’exploitation sexuelle. En réponse aux préoccupations actuelles, Snapchat affirme que la sécurité de ses utilisateurs est une priorité et que ses équipes travaillent continuellement à renforcer les dispositifs de protection.
Si Snapchat est reconnu coupable de ne pas se conformer au DSA, l’entreprise pourrait faire face à une amende pouvant s’élever à 6 % de son chiffre d’affaires mondial annuel. Ce contexte de pression réglementaire n’est pas unique à Snapchat. En Californie, des géants comme Meta et YouTube ont récemment été condamnés à des amendes pour les effets addictifs de leurs plateformes. Cette tendance montre une volonté croissante des régulateurs de tenir les grandes entreprises technologiques responsables de leurs pratiques.